Un site pour les musées aquitains

"Sa place est dans un musée !" Combien sommes-nous à avoir frémi, tout gamins, à cette incantation un brin orgueilleuse – mais ô combien passionnée ! – du jeune Indiana Jones, arrachant une statuette de prix à la convoitise de brigands sans scrupules. Était-elle inca, aztèque ou maya, ou bien du Haut Empire égyptien ? je ne sais plus. Peu importe, en vérité, pourvu qu’il y ait l’ivresse.
Car, et c’est la raison même de ce site, les musées ne sont pas les arrières-boutiques de la modernité, soit disant figés dans un conservatisme, voire une nostalgie qui n’a plus cour en ces temps d’images multiples, de vitesse, de virtualité. Ce sont des lieux de perpétuel émerveillement et en cela ils sont vivants. Je crois avoir formé mon goût pour l’inconnu, donc pour l’autre, dans des musées : le muséum d’Histoire naturelle, comme beaucoup d’enfants, combla mon imagination galopante, puis adolescent la rencontre avec l’artbus et le capc de Bordeaux m’ouvrit d’autres champs, avant même d’apprendre à apprécier, ici, le musée Bonnat de Bayonne, là, les Beaux-Arts d’Agen ou le petit sanctuaire Fernand Desmoulin à Brantôme…

Petits ou grands, publics ou privés, contrôlés ou artisanaux, les musées sont des lieux foisonnants de rencontres, d’échanges, de connaissance. Si tant est que l’on apprécie, ne serait-ce qu’un peu, de se hisser hors de son quotidien, il y a là matières inépuisables à émotion, à formation. C’est ce que nous essayons de montrer depuis presque quatorze ans dans les pages de la revue Le Festin qui a consacré une soixantaine d’articles, un numéro spécial et un livre à ces lieux de mémoire dont la variété et la richesse sont frappantes.

C’est ce que nous continuons de faire avec ce nouveau site qui s’inscrit dans l’ambitieux et généreux programme de la Banque numérique du Savoir d’Aquitaine. Plus de 120 établissements sont pour l’heure répertoriés, chacun disposant d’une page de présentation, des plus prestigieux aux plus modestes : partout, des surprises vous y attendent.
Régulièrement, nous alimenterons le site des actualités en provenance des musées d’Aquitaine et des articles initialement publiés dans la revue mais désormais introuvables en librairies ou en kiosques. À l’image des musées, ce site sera vivant : à vous de l’animer, conservateurs, responsables d’associations, érudits, passionnés ou visiteurs, en nous faisant part de vos informations et de vos remarques. Vous disposez pour cela de plusieurs espaces (contacts, musée imaginaire) et nous publierons très prochainement une lettre électronique régulière pour dynamiser un dialogue que nous espérons d’ores et déjà fructueux.

Pour cette première entrée en matière, j’ai à cœur de remercier mon équipe, rédacteurs et graphistes, pour leur implication et leur enthousiasme ; nos amis de Dagoba, pour leur efficacité et leur patience ; Xavier Martos, pour sa disponibilité et sa pertinence ; Vincent Ducourau, alors président de l’Association des Collections publiques d’Aquitaine, et Jean-Luc Tobie, conseiller Musées à la Drac Aquitaine, pour leur très amicale et vigilante présence à nos côtés ; Michel Eimer, directeur TIC au Conseil régional d’Aquitaine, pour sa confiance et son soutien.
J’en oublie, pardon. Comme nous avons certainement oublié des musées dans ce site qui, de toute manière, ne se veut exhaustif mais représentatif d’une réalité mouvante. Heureusement, l’Internet est une course infinie vers le Graal de la perfection !.. Alors, tels d’inlassables (et improbables !) Indiana Jones, nous nous inscrivons dès à présent dans cette quête, en espérant que vous nous accompagnerez tout le long…

Xavier Rosan

 

© LE FESTIN
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