Musée des Beaux-Arts 
Musée municipal classé
 

Odilon Redon, "Le char d'Apollon"


Bordeaux

20 cours d'Albret
33000 Bordeaux
Tél : 05 56 10 20 56
Fax : 05 56 10 25 13
E-mail
Site du musée

Responsable:
Olivier le Bihan




Un des plus anciens musées de France
Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux a été fondé par l’arrêté consulaire du 14 fructidor an IX (31 août 1801) qui instituait des “dépôts de tableaux” dans quinze villes de France. À ce titre, il figure parmi les plus anciens musées de France et ceci explique l’ampleur et la diversité des collections qui, à l’origine, avaient vocation de présenter à des fins didactiques une sorte de panorama de l’histoire de la peinture telle qu’on la concevait au début du XIXe siècle. Les premiers envois de l’État (1803 et 1805) comprenaient donc des œuvres que l’on voulait représentatives des différentes écoles italiennes (Pérugin pour Florence, Titien et Véronèse pour Venise, Pierre de Cortone pour la Rome baroque…), de l’école flamande (Rubens, Van Dyck...), de l’école hollandaise (Ferdinand Bol, Crayer…) et de l’école française (Coypel, Restout…). À partir de ce fonds, la collection n’a cessé de s’enrichir, soit par des dépôts de l’État, soit par des achats de la ville, soit par des dons et des legs.
Parmi les dépôts de l’État, figurent certaines toiles majeures comme L’Embarquement de la duchesse d’Angoulême de Gros, la Chasse au Lion de Delacroix, le Rolla de Gervex. Certains ensembles légués à l’État ont été déposés à Bordeaux à cause de leur provenance ou de leur intérêt pour la ville. C’est le cas de la collection du peintre Albert Marquet, de la collection Lung – excepté le célèbre Gauguin qui en constituait la pièce maîtresse et qui, jugé trop beau sans doute pour la province, fut prélevé pour la collection d’Orsay. Dans les mêmes conditions, Bordeaux a reçu quelques bribes de la donation Arï et Suzanne Redon.
En ce qui concerne les achats de la ville, le plus important fut celui de la collection du marquis de Lacaze (1829). Après huit ans de négociations et grâce à la générosité de Charles X, 279 tableaux entrèrent d’un coup dans les collections municipales parmi lesquels figurent Lucas Giordano, Van Goyen, Terbrughen, Giovanni-Battista Pittoni…

La société des Amis des Arts
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les expositions annuelles organisées par la Société des Amis des Arts permirent d’acheter régulièrement des toiles des maîtres qui exposaient à Bordeaux. À cette époque, le musée eut la réputation de montrer un panorama représentatif de l’art contemporain grâce à des chefs-d’œuvre de Delacroix (La Grèce sur les ruines de Missolonghi), de Cogniet (Le Tintoret peignant sa fille morte), de Corot (Le Bain de Diane), de Bouguereau (Le Jour des morts), de Gérôme (Bacchus et l’Amour ivres), de Jean-Paul Laurens (Le Pape et l’inquisiteur), de Jules Dupré (Les Bords de l’Oise), etc. En revanche, la Société resta hostile à l’impressionnisme, puis au néo-impressionnisme, aux nabis, aux fauves, au cubisme et, d’une manière générale, à toutes les avant-gardes du XXe siècle. Ainsi s’explique que ces mouvements restent peu ou mal représentés, sauf par le biais d’ensembles consacrés aux artistes bordelais qui s’y illustrèrent comme Odilon Redon, Albert Marquet et André Lhote.

Du caravagisme aux artistes bordelais
Des achats judicieux permirent également de constituer un ensemble représentatif du caravagisme (Trophime Bigot, Aubin Vouet, Giovanni Do), de renforcer le fonds anglais par quelques portraits caractéristiques (Ramsay, Lawrence). La peinture à caractère “patrimonial”, bien que moins prestigieuse, n’a pas été oubliée. Des toiles de Courrège, de Lacour, de Perronneau, de Wertmüller, de Smith et de contemporains tels que Georges de Sonneville, Edmond Boissonnet, Claude Lagoutte, Christian Gardair confirment la vocation du musée à témoigner de l’originalité de l’activité artistique locale.
La libéralité des particuliers n’a cessé d’enrichir le musée et, en plus d’un cas, de contrebalancer les acquisitions officielles par des œuvres originales et rares représentatives du goût des collectionneurs1. Au total, le fonds du musée s’élève actuellement à 2 775 peintures et à 504 sculptures, sans compter les dessins et les estampes.
Dès son origine, le musée a souffert d’une insuffisance de place2. À partir de 1881, les tableaux et les sculptures furent présentés dans les deux longues galeries en style néo-XVIIIe siècle, dues à l’architecte Charles Burguet (jardins de l’Hôtel de ville)3 .

Notes
1. Dès 1809, le legs de l’orfèvre parisien Doucet apporta des toiles de Snyders et de Zoffany. Parmi les pièces majeures, la Nature morte au carré de viande de Chardin a été donnée par Théodore Gardère, la Marée basse à Etaples par le baron Alphonse de Rothschild, L’Été de Millet par Tauzin. Ces dernières décennies, les dons ou legs des familles d’artistes (Marquet, Schnegg, Rouault, Dufy, Launois, Domergue) ont considérablement modifié l’équilibre des collections dans lesquelles le XXe siècle est désormais mieux représenté. 2. Les premiers envois de l’état furent présentés dans l’hôtel des allées de Tourny légué par Jean-Jacques Bel à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts. Les enrichissements conduisirent à transférer la collection dans l’aile nord de l’hôtel de ville. En 1863, elle passa dans un local provisoire, en bois, implanté dans le jardin du palais dans lequel elle fut réintégrée en 1870. Cette même année, un incendie détruisit seize toiles dont le Philippe de Champaigne, brûla la partie haute de La Chasse au lion de Delacroix, endommagea plusieurs autres œuvres. Cet accident décida la municipalité à entreprendre la construction d’un local convenable. 3. Mais, fermés pendant la Seconde Guerre mondiale, les bâtiments se dégradèrent. Après la guerre, seule la galerie nord fut réaménagée cependant que la galerie sud, sommairement réparée, fut d’abord consacrée à des expositions temporaires avant d’être affectée au nouveau musée d’Aquitaine, puis de servir de réserves. C’est ainsi que pendant près d’un demi-siècle, le musée, réduit à une surface de 773 m2, ne fut en mesure de présenter au public qu’un choix d’œuvres variant entre 150 et 200 toiles en fonction des types d’accrochages adoptés par les conservateurs.
 
 
 Dans les environs
 Beaux-Arts

 
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE :
 Garcia, Françoise - Albert Marquet, peintures et dessins - Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - 2002
 Collectif - Cœur et la raison (Le). 13 années d'acquisitions du musée des Beaux-Arts de Bordeaux - ACMA/CRLA - 1996
 Magni, Yolande - Alessandro Magnasco au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - Festin (Le) - n°21 - Le Festin - 1997
 Le Bihan, Olivier - Les raisins du silence - Festin (Le) - n°30 - Le Festin - 1999
 Ribemont, Francis - Une petite leçon de muséographie en 1878 : le rapport d'Émile Vallet au maire de Bordeaux - Festin (Le). Musées d'Aquitaine - n°23-24 - Le Festin - 1997
 Habert, J. - Musée des Beaux-Arts, peinture italienne XV°-XIX° siècles - RMN - 1987
 Le Bihan, Olivier - Or et l'ombre (L'). Catalogue critique et raisonné des peintures hollandaises du XVII° et du XVIII° siècles conservées au musée des Beaux-Arts de Bordeaux - Bordeaux - 1990

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